35 ans de prison pour des messages Facebook jugés lèse-majesté

Un Thaïlandais a été condamné à 35 ans de prison vendredi pour avoir publié des messages Facebook jugés diffamatoires pour la famille royale, recevant l’une des sentences les plus sévères jamais prononcées pour lèse-majesté dans le royaume. Depuis l’arrivée au pouvoir des militaires après un coup d’Etat en mai 2014, les poursuites pour ce crime se sont multipliées et les sanctions alourdies. Une centaine de personnes sont derrière les barreaux pour lèse-majesté, d’après la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH).

« Il a été condamné à sept ans de prison pour chacun des dix posts Facebook. Au total, cela fait 70 ans mais la peine a été réduite de moitié puisqu’il a avoué », a expliqué à l’AFP Yingcheep Atchanont de l’ONG de défense des droits de l’homme iLaw, à la sortie du tribunal militaire, où la presse était interdite. L’organisation, qui assiste l’homme, a expliqué que ce dernier avait utilisé ce compte Facebook pour piéger un ancien ami avec lequel il est brouillé. Il avait posté sur ce faux compte des photos et des vidéos de la famille royale.

Il n’a pas la possibilité de faire appel puisqu’il a été jugé par un tribunal militaire. Nombreuses arrestations Ces dernières semaines, la police a procédé à l’arrestation de plusieurs groupes accusés d’avoir diffamé la famille royale. Fin mai, quatre jeunes Thaïlandais, dont un adolescent de 14 ans, accusé d’avoir mis le feu à un portrait du roi défunt, ont été arrêtés, détenus plusieurs semaines dans une prison militaire secrète sans aucun accès à un avocat. Ils sont aujourd’hui en détention provisoire avant leur procès.

Début mai, un avocat thaïlandais spécialiste des droits de l’homme a été inculpé pour dix accusations de diffamation: il risque jusqu’à 150 années d’emprisonnement. Connue sous le nom d’ »article 112″, la très stricte loi thaïlandaise sur les crimes de lèse-majesté prévoit de 3 à 15 ans de prison pour quiconque diffame le roi, la reine, son héritier ou le régent, pour chaque délit. Les rares médias, y compris internationaux, qui évoquent ces affaires ne donnent aucun détail des accusations, de crainte de tomber eux-mêmes sous le coup de la loi. Les arrestations et les condamnations peuvent être racontées mais pas les détails des accusations car cela peut être considéré comme une violation de la loi.

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