À Kryvyï Rig, ville natale du président Zelensky, le bilan est lourd suite à une frappe russe, le 4 avril : on compte dix-huit morts dont neuf enfants, une soixantaine de blessés lorsqu’un missile balistique, de type Iskander, selon Kiev, s’est abattu sur une zone résidentielle, écrit notre correspondante à Kiev, Emmanuelle Chaze. La Russie rétorque qu’il s’agissait d’une « frappe de précision avec un missile hautement explosif sur un restaurant » de la ville « où se réunissaient des commandants de formations et des instructeurs occidentaux ». Cependant, les images montrent une frappe sur une zone résidentielle, près d’une aire de jeux pour enfants.
Située à environ 80 kilomètres de la ligne de front, la cité de Kryvyï Rig est régulièrement la cible d’attaques aériennes depuis le déclenchement de l’invasion russe en février 2022. Environ 600 000 personnes y habitaient avant la guerre.
Corps gisant dans la rue
Des photos diffusées par les secours ukrainiens montrent plusieurs personnes tuées, dont l’une est étendue devant des balançoires, écrit l’AFP. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, qui n’ont pu être vérifiées, montrent des corps gisant dans la rue et une colonne de fumée s’élevant dans le ciel. Sur d’autres images, on aperçoit une voiture en flamme tandis que des personnes poussent des cris.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a vivement réagi, pour lui, « les Russes frappent tous les jours. Des gens meurent chaque jour. Il n’y a qu’une seule raison pour laquelle cela continue : la Russie ne veut pas de cessez-le-feu, et l’Ukraine et le monde entier le voit ». Ces frappes interviennent alors que des délégations menées par les chefs d’état-major français et britanniques sont à Kiev pour discuter de possibles contingents étrangers de maintien de la paix sur le sol ukrainien.
« Soutenir dans la durée »
L’objectif de ce déplacement conjoint était d’« échanger sur les besoins et les objectifs de l’armée ukrainienne afin de la soutenir dans la durée sur la reconstruction et l’évolution de son modèle », a précisé l’état-major français des armées dans un communiqué. Il s’agissait donc d’assurer du « maintien d’un soutien déterminé à l’armée ukrainienne lui permettant de poursuivre le combat » face à la Russie, selon le général Burkhard, ainsi que de définir « une stratégie de long terme de reconstruction et de transformation du modèle d’armée ukrainienne, première garantie de sécurité de ce pays ».
Paris et Londres, écrit encore l’AFP, s’efforcent de bâtir une coalition de pays volontaires pour peser dans les négociations amorcées par Washington avec Moscou afin de mettre fin au conflit et de mettre sur pied des « opérations de réassurance » pour dissuader la Russie de reprendre ensuite les hostilités.
Par ailleurs, les systèmes de défense antiaérienne russe ont intercepté et détruit au cours de la nuit 49 drones lancés dans la nuit par l’Ukraine, a aussi annoncé Moscou.